Yahoo! Actualités Accueil - Dossiers - Mon Yahoo! - Yahoo!
Actualités   Finance   Sport   Météo   Horoscope
Reuters

jeudi 15 février 2007  

Guinée Conakry Fil d'info continu
AFP, Reuters, AP...
Guinée Conakry Articles de presse
Yahoo! Search
Guinée Conakry Galerie photos
AFP, Reuters, AP...
Guinée Conakry Le fil RSS
Mon Yahoo!


Blog exclusif sur la présidentielle 2007

Informations destinées à Yahoo! France, auprès de qui vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression. Ces données sont transférées aux Etats Unis aux fins d'envoi de la newsletter.

jeudi 15 février 2007, 16h02
Etat de siège et balles perdues en Guinée

ETAT DE SIÈGE ET STRESS QUOTIDIEN EN GUINÉE
agrandir la photo

CONAKRY (Reuters) - Mariama Ciré Touré ne s'attarde guère dans les rues de Conakry lorsqu'elle part faire ses courses.

Cette simple tâche quotidienne est devenue une aventure risquée pour les habitants de la capitale guinéenne. Il leur faut défier le couvre-feu en vigueur 18 heures par jour, les barrages militaires et les balles perdues pour tenter de ramener de la nourriture dans leurs foyers.

Les émeutes, la grève, la pénurie d'aliments et désormais l'état de siège, en vigueur depuis lundi, ont transformé une vie quotidienne déjà difficile en lutte pour la survie dans les "hautes banlieues" de Conakry, quartiers miséreux de la capitale guinéenne et bastions de l'opposition au président Lansana Conté.

"Malgré le couvre-feu, je me lève tôt pour aller au marché, parce que je suis obligée", explique Mariama Touré, étudiante de 24 ans résidant à Gbessia-Port, quartier d'habitations en terre et en tôle, installées le long de rues sales situées à plusieurs kilomètres du centre de Conakry.

Face à la contestation de son pouvoir, Lansana Conté a décrété l'état de siège lundi. L'armée a été dotée de pouvoirs étendus en matière de fouilles et d'arrestations et des militaires ont été déployés en nombre dans les rues de la capitale.

"L'ARMÉE TOLÈRE NOTRE PRÉSENCE"

Malgré l'interdiction de rassemblement, les Guinéens bravent le couvre-feu, seulement levé entre midi et 18h00, pour aller à la recherche de nourriture sous l'oeil attentif de soldats et de policiers en armes.

"L'armée tolère notre présence mais nous devons nous dépêcher de rentrer chez nous. J'ai vraiment peur des fusillades que l'on entend régulièrement. Je me presse pour rentrer chez moi", raconte Mariama.

L'armée a levé les barricades érigées par les émeutiers mais les trottoirs restent jonchés de pierres, de pneus incendiés et d'autres vestiges des violences qui ont fait plus d'une centaine de morts depuis le début du mois de janvier.

Des camions remplis de soldats et de policiers armés de fusils filent à toute allure à travers les rues.

Le déploiement de l'armée a ramené un semblant de calme. Des fusillades continuent tout de même à éclater la nuit, les forces de sécurité ayant ordre de tirer sur les émeutiers et les pillards.

La plupart des victimes sont des civils touchés par des balles perdues.

Yari, une soeur de Mariama, a été éraflée au bras par une balle tirée lors d'un échange soudain de coups de feu mardi soir.

"J'ai été réveillée par une balle perdue à travers le toit. J'ai été blessée au bras (...) mais je n'ai pas l'argent pour payer les médicaments", déclare Yari, assise sous un manguier.

MORT DANS SON LIT

Une centaine de mètres plus loin, Alassane Barry a eu moins de chance. Il a été retrouvé mort dans son lit, victime d'une balle perdue. D'après sa famille, des militaires ont emporté son cadavre.

En raison de la grève, la plupart des banques, des bureaux, des commerces, des entreprises et des marchés restent fermés. Quelques marchands continuent à proposer de la nourriture et d'autres biens de première nécessité, pas assez toutefois pour répondre à la demande.

"Il n'y a pas assez de nourriture sur le marché, même le riz est rare", regrette Mariama.

A cause de la pénurie, le prix du riz a augmenté de plus de 30% et continue à monter quotidiennement.

La viande ou le poisson sont devenus des produits de luxe pour la plupart des habitants.

Le gouvernement a invité les dirigeants syndicaux à négocier une sortie de crise. Ces derniers, qui refusent la nomination par Conté d'un de ses proches au poste de Premier ministre, jugent impossible de discuter dans le cadre de l'état de siège.

Cette impasse prolonge les difficultés quotidiennes des Guinéens.

"On a faim. J'aimerais vraiment que les autorités constituées lèvent l'état de siège. On ne peut pas continuer ainsi, on n'a pas d'argent", se plaint Maciré Camara, vendeur de rue dans le quartier de Dixinn, l'un des plus durement touchés par les violences.

Rubrique : Monde
  Article précédent : Les violences persistent à Mogadiscio, en Somalie ( Reuters)
  Article suivant : Le révisionniste Ernst Zündel condamné à cinq ans de prison en Allemagne ( AFP)
Dossier : Guinée : toute l'actualité de la Guinée Conakry, Lansana Conté
Dossier : Afrique : toute l'actualité de l'Afrique et des pays africains
  Article suivant : Les clandestins débarquent du Marine 1 au large de la Mauritanie ( Reuters)

Envoyer cette page Envoyer cette page - Pages les plus envoyées - Imprimer Imprimer cette page

 

(Publicité)



Dépêches Photos
Accueil À la Une Monde France Éco Multimédia People Insolite Météo Sciences Santé Culture Médias

Suggestions ou critiques sur ce service

Copyright © 2007 Yahoo! Inc. Tous droits réservés.
Yahoo! et vos données personnelles - Conditions d'utilisation
Copyright © 2007 Reuters. Tous droits réservés. La reproduction ou la distribution de ces écrans sans l'accord express de Reuters est rigoureusement interdite.
* Informations destinées exclusivement à Yahoo! France SAS dans le cadre de votre abonnement à la lettre d'information "Actualités" de Yahoo! Conformément à la loi du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de rectification et de suppression des données vous concernant que vous pouvez exercer auprès de Yahoo! France